Journale de la Prise de Parole Jock Elliott

En Amérique, la prise de parole est une affaire sérieuse. Tellement sérieuse qu’une association, les ToastMasters International, organise chaque année un championnat du monde.
Une compétition d’envergure : 30 000 participants de 116 pays se départagent pendant 6 mois. A l’arrivée, un gagnant. Alors forcément, on se dit que « l’élu » doit avoir le charisme d’un Martin Luther King, la pertinence d’un Steve Jobs, la clairvoyance d’un Winston Churchill… Et forcément, on est un peu déçu. Mais tout de même : sa prestation, plus qu’honorable, peut nous inspirer.

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par Gaëlle Copienne
Rachida Dati, Martine Aubry, Dominique Strauss Kahn et même Nicolas Sarkozy, tous ces ténors politiques ont un jour été porte-parole d’un candidat à l’élection présidentielle. Pivots essentiels d’une campagne présidentielle, ils doivent maîtriser toute la panoplie technique de la prise de parole en public : légitimité, pédagogie, vulgarisation, concision et incarnation du discours. Et selon les dires de l’un d’entre eux, devenir des Darty de la politique, assurant le service après-vente des déclarations des candidats. Un article passionnant du magazine en ligne Slate.fr, à lire ici.

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par Christophe Quester
leJPP Claude Gueant Claude Guéant est un homme consciencieux, il sait ce qu’il dit et ce qu’il fait. Chaque mot dans sa bouche est pesé et il ne se départit jamais de son calme alors quand il fait du off the record, les professionnels de la communication peuvent raisonnablement penser qu’au contraire, il souhaite que ses propos soient largement diffusés et repris. Le off the record, ou off, est une entente tacite entre un porte-parole et un journaliste garantissant que les propos du premier ne seront pas divulgués par le second. Et certains s’en servent pour bâtir leur stratégie de communication. Décryptage.

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par Louis Laine

leJPP Richard Niel

En entrant tête baissée dans une polémique sur la rémunération de Xavier Niel, PDG de Free, Stéphane Richard, patron de France Telecom a bien affaibli l’impact de sa prise de parole.

Lors de son audition devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le 1er février 2012, le PDG de l’opérateur historique a répondu pied à pied à son homologue chez Free, Xavier Niel, auditionné une semaine plus tôt. Son argumentation, précise et structurée, vise à s’inscrire « en faux… contre les jugements à l’emporte-pièce sur la réalité de ce secteur avant l’arrivée du quatrième opérateur. » Concrètement, Stéphane Richard veut démontrer le sérieux des opérateurs mobiles qui ne prennent pas leurs clients pour « des pigeons ». Contrairement à ce que laissait entendre la communication dudit quatrième opérateur, Free mobile !

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par Christophe Quester

Yoel Zaoui

Le divorce entre les banquiers d’affaire et l’opinion publique est bel et bien consommé – et cela bien avant les attaques en règle du candidat Hollande. Il faut dire que la stratégie médiatique des dirigeants de la haute finance laisse à désirer : ils ne s’expriment pas, ou peu, sur les plateaux de télé et de radio. Et quand ils le font, c’est parfois au mépris de règles élémentaires de communication. Décryptage d’un rendez-vous médiatique raté.

Octobre 2011 : sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach reçoit le patron de Goldman Sachs Europe, Yoel Zaoui. C’est la première fois qu’un dirigeant de la célèbre banque d’affaire accorde une interview : un événement. Seulement voilà, l’exercice tourne au grand guignol.

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par Gaëlle Copienne

leJPP_Manuel_Valls

« Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler … » Manuel Valls, le directeur de la communication du candidat du PS aurait été bien inspiré de s’appliquer ce dicton populaire avant de lâcher dans la presse, le 10 janvier 2012, que son parti envisageait de « supprimer le quotient familial » en cas de victoire à l’élection présidentielle. Ce qui est resté gravé dans les esprits, c’est que le parti socialiste voulait revenir sur un acquis social datant de 1945. Un acquis inhérent à la politique familiale et démographique française que tous nos voisins européens nous envient, d’ailleurs.
Pourtant, l’intention est tout autre.

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par Louis Laine

Marine Le Pen, digne fille de son père, en a fait l’amère expérience face à Anne-Sophie Lapix le 15 janvier dernier dans l’émission Dimanche + sur Canal +.

La journaliste a fait balbutier la candidate du Front National et elle l’a mise dans l’impasse, à plusieurs reprises. Anne-Sophie Lapix n’ a posé que des questions concrètes sur le contenu du programme FN et elle a harcelé Marine Le Pen pour la faire sortir de son discours idéologique, son point fort.
Toutes les lacunes, les approximations, les contradictions sont alors apparues…évidentes et dévastatrices.

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par Louis Laine

Fin décembre 2011, Michel Edouard Leclerc au micro d’Europe 1, lançait son message : « Nous avons absorbé l’inflation grâce à notre combat en faveur du pouvoir d’achat. Nous continuons ce combat en 2012 ». Combatif contre les industriels souhaitant augmenter leurs prix, contre les agences de notations, son opa médiatique pour le pouvoir d’achat des Français ne date pas d’hier. Nous l’avons analysé sur une plus longue période.

Juin 2007 : Michel Edouard Leclerc, « MEL » comme il se surnomme lui-même, est invité sur le plateau d’ « On n’est pas couché » sur France 2. A l’époque, y officie le redoutable tandem Zemmour / Nolleau. « ONPC » c’est un peu les « jeux du cirque » : le public attend, avec délectation, de voir l’invité plier sous les coups de boutoir des deux chroniqueurs. Cette fois, c’est Zemmour qui s’attaque au patron des centres E. Leclerc : connivence avec le pouvoir, scandale des marges arrières, paysage urbain défiguré par les supermarchés, rien n’est épargné à Michel-Edouard Leclerc qui va pourtant s’en sortir haut la main. Comment ? En replaçant systématiquement son message essentiel. Leçon de rhétorique d’un entrepreneur atypique.

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par Gaëlle Copienne

Nadine Morano

En coulisse, Nicolas Sarkozy ne tarit pas d’éloges à l’égard de Nadine Morano et de Valérie Pécresse, ses ministres respectivement en charge de l’apprentissage et du budget.
Pourquoi donc ? Parce qu’elles savent rester dans les clous ! Autrement dit, elles martèlent comme personne les messages essentiels élyséens et elles n’évoluent que dans leurs sphères de légitimité.
Pour défendre la taxe Tobin, ce fameux impôt que Nicolas Sarkozy aimerait prélever sur toutes les transactions financières en Europe, Valérie Pécresse n’a pas son pareil. Quelle que soit la question du journaliste ou presque, celle qui est aussi la porte-parole du gouvernement répète ad libitum que cette taxe est nécessaire et que la France, à l’initiative du projet, fera tout pour qu’elle voit le jour. Et elle n’omet pas, non plus de répéter, à chaque fois, que la décision de la mettre en place en France, et ce avant toute le monde, appartient au chef de l’Etat !

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par Louis Laine

Christine Boutin a lâché sa fameuse « bombe nucléaire ».

La notion d’actualité est parfois mal évaluée par les dirigeants. Leur actualité personnelle – importante car elle les concerne – n’est parfois en réalité qu’une goutte d’eau dans l’Actualité avec un grand « A ».
Le mois dernier, Christine Boutin, candidate à l’élection présidentielle, avait promis de lâcher une bombe thermonucléaire si elle n’obtenait pas les 500 parrainages nécessaires à toute candidature à l’élection présidentielle. Tous les journalistes se sont alors dit « waouh ! » avant de se frotter les mains. Avec une telle annonce, tout le monde s’attendait légitimement à ce que cette chiraquienne pur jus déclenche une affaire d’une envergure au moins aussi impressionnante que les dossiers Clearstream et Karachi réunis. Bref, un truc énorme, comme on dit dans le métier, pour déstabiliser Nicolas Sarkozy.

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par Louis Laine